C'est Chouette les Cacahuètes - Jacques Delcroix (2/6)

Ponçage de l'aile

C'est la partie la plus délicate. Préparer une cale à poncer longue :20, 25, 30 cm, en 8 ou 10 cm de large. Une face "gros grain" (120-180), une face plus douce (400) pour l'extrados. Pour l'intrados on peut faire une cale spéciale bombée, par exemple de l'abrasif roulé sur un tube en carton.

Réfléchir à la façon de tenir la structure et de la soutenir. L'aile ne pèse peut-être que 5 ou 6/10 de grammes. Chercher soi-même les positions qui dépendent des dimensions de la main, de l'agilité des doigts. Travail en finesse et non en force. Examiner en lumière rasante. Ne pas attendre de miracle du ponçage en cas de mauvais ajustage, mais poncer où il faut, ne pas entamer les nervures en dos d'âne, en voulant aligner un longeron sur celles-ci. Un ponçage aveugle et sauvage peut tout gâcher.
Travail long, très long si l'on veut soigner...Terminer avec de l'abrasif de plus en plus fin : 600 puis ... 600 usé.

Stabilisateur et dérive

La construction du stabilisateur et de la dérive est facilitée par l'adoption d'un profil "planche".

La minceur de ces structures constitue un piège : le voilage pour cause de tension non équilibrée. Le papier Modelspan ou japon est relativement épais et lourd par rapport aux structures ; avec un enduit trop peu dilué, les tensions deviennent vite insoutenables.

Personnellement, je prépare toujours stabilo et dérive avec des baguettes présentant plutôt une "hauteur" de 16 ou 17/10 (bois très léger). Le ponçage ramènera aisément l'épaisseur à 13 ou 14/10 nécessaires pour diminuer les risques de torsion... ou de collages des deux faces de papier. Les équerres sont précieuses pour éviter, limiter les torsions, les plis d'angle. En fait, elles peuvent être avatageusement remplacées par des baguettes en 5/10 d'épaisseur. Exemple du stabilo du Pottier 100 :

Le fait qu'elles n'existent pas sur un plan n'empêche pas d'en ajouter. Pour ceux qui se sont fait une balance sensible, un stabilisateur sans entoilage fait 9 à 10 centièmes de gramme... L'entoilage coûtera 13 à 18 centièmes de gramme (surface plus ou moins grande).
Dans un stabilisateur comme celui du Pottier 100, on peut très bien négliger dans un premier temps l'échancrure, ce qui garantit une meilleure rectitude du bord de fuite (réalisé d'un seul tenant, échancré après). l'ordre des opérations est figuré par un chiffre de 1 à 7.

Après assemblage, commencer par découper au canif, aiguisé comme une lame de rasoir, le B.A. et le B.F. suivant le schéma, avec de longs copeaux les plus réguliers possible. Là aussi le ponçage nécessite la même légèreté des doigts et de la main. La bord marginal sera profilé de façon analogue.

Analogie totale pourla dérive, à moins que l'on parte du longeron, souvent doublé pour permettre un découpage ultérieur du volet mobile. L'ordre des opérations peut très bien être alors :

Atteindre 8/100 de gramme permet de garantir un poids "fini" peu élévé. L'entoilage coûtera 9 ou 10 centièmes de gramme. Mêmes précautions pour la mise en forme des B.A., B.F., puis le ponçage.

Entoilage

Bien se souvenir que celui-ci ne pourra qu'accentuer le défauts de la structure. Quelle colle utiliser ? Le collage se fait assez aisément avec une colle vinylique très diluée. C'est je crois la méthode la plus facile, cependant il faut s'entourer de quelques précautions : travailler dans le sous sol humide plutôt que dans l'appartement desséché. Procéder avec un minimum de vivacité. Ne pas s'étonner si la pièce, entoilée d'un côté, "part en vrille" un moment... mais il ne faudra pas laisser la situation s'éterniser et poser rapidement l'entoilage de la seconde face.
Le collage à l'enduit ne réserve pas ce genre de surprise. Il n'est cependant pas aisé à réussir même si la structure est soigneusement enduite ( pas avec un enduit trop dilué surtout). Le collage au diluant n'est pas assuré ni immédiat. Je ne le cosnseillerai pas sans réserve.
Il semble que la fibre doive de préférence être placée parallèlement aux nervures (la fibre peut se voir en transparence, une confirmation de ce sens peut être obtenue par un essai de résistance du papier : il se déchire moins difficilement dans le sens parallèle au fil <---->). Ceci diminue les risques de vrillage. On sera aussi attentif à placer le côté lisse du papier japon à l'extérieur de la structure. Même si vous ne voyez pas bien la différence de brillance, celle-ci existe et peut être confirmée au toucher : côté plus lisse ... Quelle que soit la partie à entoiler, prévoir le coupon de dimensions légérement supérieures : débordement de 5 à 8 mm sur tous les contours.

Collage à la colle vinylique : dérive et stabilisateur

PLus celle-ci sera diluée, moins le poids supplémentaire de colle sera élévé ; il convient bien sûr de ne pas dépasser certaines limites. Un pinceau fin (n°2 ou n°4) sera le bienvenu pour poser la colle sur la structure sans exagérer la quantité. En cas de pièce non symétrique, comme de pièces symétriques, ne pas se tromper au dernier moment sur le sens du papier si l'on a sagement découpé les coupons à l'avance. Tenir le coupon tendu au dessu de la pièce. Poser franchement. Tirer dans tous les sens en exerçant sur le papier une pression sensible avec le "gras" des doigts. Charger la pièce. Quand c'est sec, couper ce qui dépasse avec une lame de rasoir neuve (s'aider avec une règle pour les parties rectilignes). On procède de la même façon pour l'autre côté, mais on coupe un peu plus large de façon à pouvoir effectuer un rabat (flêches). Pour faciliter la tach on coupera "aux coins". Un ponçage à l'abrasif 600.."usé" sur B.A. et B.F., marginaux, coins, nervures. Insister sur les rabats.

Collage à l'enduit Nitro

Avec un pinceau fin, garnir les surfaces en contact avec l'entoilage avec de l'enduit nitro, assez peu dilué. Préparer des "cadres" dans du balsa 20 ou 30/10.

Le contour de l'encadrement doit excéder la dimension de la pièce (stabilisateur ou dérive) de 1/2 à 1 mm environ sur tout le pourtour (>||<). Les coupons de papier japon sont préparés comme dans la méthode précédente (débordement de 5 à 8 mm, contours sur schéma en pointillés). Préparer un pinceau fin (n°2 ou 4) propre, passer un coup d'éponge humide pressée sur la face la moins lisse du coupon. Appliquer vivement et avec précision le cadre au dessus de la pièce et presser lentement. Piquer tout autour des punaises. C'est maintenant qu'il convient d'appliquer l'acétone là où la structure apparaît. Il reste à attendre un bon séchage. On ne s'étonnera pas que la pièce se cintre au démoulage. Pour ce faire, on commence par couper à la lame cassée en biseau le papier au ras du cadre. On rabat et on colle les bords. On retourne et on recommence. Après séchage , ponçage des rabats.

Pour mon compter je n'ai pas encore appliqué cette méthode à une aile. Claude Weber le fait. A vrai dire je suis embarassé par mes vrillages... et la méthode ne se prête qu'à l'extrados. Vrillages relativement importants qui sont nécesaires pour faire voler des modèles sans dièdre (Pottier 100) ou avec peu de dièdre (SK1 Trempik). Cependant le collage peut se faire au diluant (après enduit de la structure sans pour autant mouiller le papier). C'est tout simplement plus long qu'avec l'utilisation d'un cadre. Je le ferai prochainement, c'est sûr.

Entoilage de l'aile

Pas de dièdre? Entoilage en un seul panneau. Même avec un peu de dièdre, il faut utiliser plusieurs panneaux. Bien insister sur l'intrados s'il est creux : se souvenir que l'aspect brillant de la face externe du japon ne facilite pas la pénétration ni le collage de celui-ci. Collage de la nervure médiane du panneau sur toute la longueur. Attendre un bon séchage avant de tirer pour tendre le papier, nervure par nervure dans le sens de l'envergure. On colle ensuite B.A. et B.F., inter-nervure après inter-nervure, tout aussi soigneusement.

Tout marginal oblique devra être entoilé séparément : si l'on veut rabattre à tout prix le coupon central on abîmera la structure très certainement... Au plus mal on fera des plis très nets. Il faut une pièce rapportée, ou alors une structure à toute épreuve (exemple coffrgae en balsa 2/10.. 1 à 3/10 de g. suivant dimensions.). Le marginal peut dans ce cas exceptionnellement être mouillé et rabattu. On détoure le pourtour à la lame de rasoir neuve bien sûr.
L'extrados est normalement moins délicat, mais le moindre petit défaut se verra, même remarque sur le nombre de panneaux que pour l'intrados. Procéder dans le même ordre, ne pas se presser, bien tirer sur le bord d'attaque en particulier et sur le bord de fuite. Ne pas pas gâcher le papier japon de couleur qui se fait rare, mais en cas de grosse maladresse, il faudra peut-être s'y résoudre et détacher au diluant tout le panneau. Il convient d'effectuer comme pour le stabilisateur et la dérive un rabat sous le B.A. et le B.F..

Tension à l'eau et maintien en place

Comme pour la première tension du stabilisateur et de la dérive, la première tension de l'entoilage de l'aile sera effectuée à l'eau. Ne pas passer les pièces sous le robinet !!! Un pinceau moyen (n°10) convenablement essoré avec extension régulière de très peu d'eau... Ce n'est pas si évident ! Eviter encore la précipitation ; en attendant un séchage minimum, poserles pièces verticalement contre un objet BF en bas, puis retourner : BF en haut. Quand les plis de tension commencent à apparaître, mettre en place, avec éventuellement des cales de vrillage. Des pièces de 5F (ndt : 2 euros maintenant) conviennent très bien pour appliquer la pièce sur les cales mais il faut aussi s'aider de punaises (ndt : ou épingles). On évitera de blesser aile dérive et empennage en les protégeant par de petits rectangles de balsa 10/10. Un appui exagéré aboutira à un écrasement et à l'apparition de plis. Surtout attendre un séchage COMPLET. En l'absence de séchage ou de soleil... un jour complet.

Il est déconseillé d'enduire quand il fait humide (surtout en l'absence de chauffage) : risque d'apparition de taches mais aussi déformations ultérieures à redouter quand il fera très sec (appartements desséchés par le chauffage central).

L'enduit NITROCELLULOSIQUE...

sera fortement dilué - 3 parties d'enduit pour 7 de diluant ou même 25% d'enduit et 75% de diluant. Passer l'enduit très régulièrement et prendre la précaution d'en prendre très peu toujours du bout du pinceau. Bien étaler "cloison" après "cloison", dessus après dessous, en "tirant" bien sur la matière : surtout pas de "flaque" ou de "mare". Inégalités dans la tension = torsions assurées + poids augmenté. Une seule couche, la deuxième ne ferait pas disparaître les plis subsistant après la première. OU alors, frottage au diluant... Il vaut mieux laisser sécher en forme 8 jours, 15 même. Donc ne pas compter commencer une cacahuète le jeudi pour la faire voler le dimanche ! Même les boîtes ne contiennent jamais du prêt à voler comme en RC (bien trop lourd le polystyrène expansé).

Nous avons le temps qu'il faut pour nous occuper du fuselage, de l'hélice, des roues, des détails (faux moteur éventuellement) pour préparer les écheveaux aussi, encore que la connaissance du poids de l'appareil est un élément important pour le choix de la section de gomme, pour découper les immatriculations qui viendront garnir l'aile et le fuselage, pour tracer les volets, les ailerons, les portes.

 

Ajouté le 03/11/2008 - Auteur: Jacques Delcroix - Catgégorie: F4F