Combien ça coûte ? Pourquoi ils ne vont pas tout droit ? Où est la radio? Pourquoi restent-ils aussi longtemps en l'air? Est-ce que c'est difficile? Combien de temps vous avez passé pour le faire? Autant de questions qui n'appellent pas ici de réponse mais montrent les réactions du public lors de nos démonstrations, de nos concours.
Apprendre à ses dépens peut être évité... L'échec conduit parfois au découragement, à l'abandon. Pas question dans cet opuscule de tout dire, de tout régler. Des publications ont été faites sur le sujet. Il était possible d'effectuer une série de renvois à ces références.. numéros du M.R.A., "anciens" déjà, dont les intéressés ne disposent pas toujours.
Voici mon "APPROCHE". Les méthodes ne prétendent pas être les meilleures.. en attendant peut-être mieux, elles sont, ou ont été les meilleures... pour moi.
PRINCIPES GENERAUX
Commencer par les "voilures" : aile, stabilisateur horizontal, dérive. Ces parties, après entoilage et tension pourront se stabiliser en forme pendant la construction du reste.
La précipitation est toujours à éviter...Il n'est plus temps de regretter après coup. Bien se dire qu'il y a toujours quelque chose à faire pendant que cela sèche... Une des meilleures excuses pour se croiser les bras et doubler la durée de la construction. Ne pas être pressé de procéder à l'entoilage, ni à l'assemblage : bien des détails et en particulier les tracés ou immatriculations seront posés avec plus de facilité, plus de précision, moins de risque de dégât sur chacun des éléments, séparément. Réfléchir à l'ordre des opérations et se faire un plan de travail, un listing... Qui pourra être corrigé à une seconde lecture. Exemple : si le vitrage d'un cockpit ne peut être mis avant la fixation de l'aile, ne pas attendre que la présence des mâts complique la pose de ces vitrages. Il en va de même pour le dessin des portes du fuselage.
Le plus important? La légèreté : moins un modèle est lourd, moins il vole vite, moins il sera fragile... bien manipulé. Allonger, diluer les colles, réduire les quantités. De même pour l'enduit. Choisir un papier lisse (japon) de préférence à un papier poreux (Modelspan : boit l'enduit, laisse apparaître des "perforations" dans la texture). L'enduit nitro devra être très dilué : 25 à 30% d'enduit, le reste de diluant. Quelques conseils "personnalisés" à des modèles essaieront d'éclairicir ce texte : exemples : Lacey M10, Piper J3, Citabria, SK1 Trempik, Pottier 100TS.
Préparation du bois
Inutile de chercher en magasin des baguettes 1,5 x 1,5 trop fragiles pour être commercialisées et qui ne pourraient qu'être vendues très chères pour être rentables. Choisir une planche de balsa 15/10 de fil le plus droit possible, surtout en examinant la tranche... On pourra prendre la planche en biais dans le sens de la longueur (<----> fil du bois). Pour une densité moyenne trouver des planches faisant 15 à 18 g en 10 cm de large. S'équiper d'une règle métallique ; une lame de rasoir convient très bien pour la coupe , apprendre à la tenir verticale. Ne pas hésiter à se couper une collection importante de baguettes de bonne longueur, exemple 30 à 40 cm, qui seront stockées dans un tube en carton (tube de rouleau de calque par exemple). On pourra faire un choix : plus légères conservées pour dérive et stabilo, un peu plus fermes pour le fuselage. Ce n'est pas fini pour autant : il convient de procéder à un ponçage collectif. Ranger les baguettes côte à côte, les unes contre les autres, par 20, 30 ou 40 si l'on a été courageux. Poncer une première face de l'ensemble en douceur (abrasif collé sur une planche de 80 ou 100 mm de large sur 200 ou 300 mm de long). Attention à la force aveugle qui broie tout et remplit les poubelles. Prendre toutes les baguettes d'un coup bar un bout que l'on tient serré entre deux règles plates et retourner le tout pour poncer la face. Ensuite il convient de faire faire à chacune des baguettes un 1/4 de tour. Pas si facile que ça! (On aura pu prendre la précaution de tracer un trait en bout sur l'ensemble des baguettes pour s'assurer que la position de chacune est correcte). Recommencer l'opération recto-verso, en douceur : en force, toujours des chances de rupture.
Construction de l'aile
Nervures
Réalisation d'un gabarit, pourles nervures, en C.T.P. (contreplaqué) de 1 mm. Son contour doit plutôt excéder les cotes du profil définitif de 3 ou 4/10 de mm, ce qui permettra une petite marge pour le ponçage. Je n'ai jamais été un adepte de la méthode du bloc de nervures... A cette échelle, ça me semble dificile. Je suis pour le découpage individuel des nervures, sans tracé, avec un bon appui contre le gabarit, une coupe avant sûre et définitive : la queue de la nervure pourra être gardée un peu plus longue et recoupée au moment utile.
Ces nervures sont souvent découpées dans du balsa de 1 mm bien trop lourd. On doit poncer celui ci pour le ramener à 5/10 voire 4/10 mm... Pour ce faire, poncer alternativement les deux faces avec un abrasif assez gros (120 - 180) en prenant la précaution de s'installer sinon sur un marbre, tout au moins sur une surface plane et lisse (par exemple une belle plaque de de CTP de bouleau). On finit avec de l'abrasif plus fin (400) collé sur l'autre face de la cale à poncer.
Bord d'attaque
Pour le bord d'attaque de l'aile (B.A.) on peut mettre un 2x2 assez léger ou même une 1,5x1,5 ; tenir compte de ce choix pour la réalisation du gabarit.
Après maints essais, il semble que le longeron unique "vertical", affleurant à l'extrados (au dessus) soit très satisfaisant. Il est préférable, en agissant avec une lame de rasoir neuve, de ménager d'abord des encoches volontairement un peu étroites, celles-ci étant élargies à l'ajustage (sans jamais forcer).
Bord de fuite
Le bord de fuite (B.F.) de l'aile est préparé dans du balsa 15/10 léger en 2,5 ou 3 mm de large. Il est rarement elliptique, plutôt rectiligne ou à "pans coupés". Dans ce cas les pièces sont tranchées, biseautées, collées puis prédécoupées de façon à former une section trapézoïdale; partie la plus mince réduite par fins et longs copeaux à 7 ou 8/10 environ. Les initiés du Jedelski ne manqueront pas de tressaillir en apercevant ce schéma, qui leur rapellera l'importance de "l'angle de coupe"
(couteau tenu obliquement pour attaquer la baguette).
C'est seulement ensuite qu'interviendra un premier ponçage (facultatif) pour effacer les moindres marques de de la lame de couteau (examen en lumière rasante). Aiguiser et apprendre à tenir son outil plutôt que de reporter toutes vos difficultés sur son dos!
Avant de procéder à l'assemblage définitif, il convient d'encocher le BF pour l'insertion des queues de nervures. La largeur des encoches devra être là encore plutôt trop fine que trop large. Une lame neuve cassée en biseau très pointu pour détacher le fond de l'encoche (une pointe d'épingle peut convenir).
Assemblage
Sur un chantier en balsa de 8 mm d'épaisseur minimum
+ calque du plan de l'aile
+ feuille de plastique transparent
a. Fixation du B.A. avec épingles et punaises
b. Collage des nervures au B.A., tenue des nervures par épingles, appui éventuel par punaises
c. Ajustage de la longueur des queues de nervures et de la largeur des gorges dans le B.F. Une nervure trop longue risque de dépasser, une nervure trop courte de creuser l'extrados du profil. Toujours vérifier la rectitude des baguettes, alignement et niveau à l'oeil, plus sûr moyen encore que l'utilisatopn de règle (qui écraserait les nervures dépassant... le rayon lumineux est plus léger!)
La colle vinylique blanche très diluée se pose avec précision et parcimonie à l'aide d'une simple baguette 2x2 mm ou 1,5x1,5 mm taillée en pointe. La colle diluée pénètre si bien qu'il suffit de la poser sur les joints après assemblage des pièces.
Les bords marginaux
Sont une partie délicate et exposée, il existe des solutions variables.
- Cloisons marginales : Lacey M10, Poullin J.P.30
- Arrondi en lamellé : Piper J3
- Bloc plein ultra léger : Citabria
- Léger coffrage d'extrados en balsa réduit à 3 ou 2/10 : SK1 Trempik
- Bordé de balsa plus épais ou simple marginal en forme de profil : Pottier 100 (fig.7) :

L'insertion du longeron nécessitera la précaution, en cas de profil creux, de glisser sous les nervures une fine baguette ; on évite ainsi l'écrasement de ces nervures. Ne pas forcer pour introduire le longeron : l'encoche sera élargie vers l'avant ou vers l'arrière suivant l'alignement. Le longeron en 10/10 peut voir sa hauteur diminuée à chaque extrémité.
Toute aile sera construite à plat. Pour les appareils qui possèdent du dièdre (exceptions : Lacey M10, Pottier 100) on effectue des entailles dans le dessus du B.A. et du B.F. et on supprime quelques dixièmes de millimètre de matière au longeron.
La taille du B.A. se fera à copeaux longs, voir fig.2, tangentiellement à la pente de nervures.
