DAPHNE

Daphné est un petit avion d'amateur américain des années 70, dans la ligne inaugurée par Steve Wittman avec le Tailwind. Ce n'est en fait probablement qu'un Tailwind équipé d'une aile bilongeron entoilée remplaçant l'aile en bois monolongeron. C'est un appareil très simple, que l'on peut envisager comme un modèle de début car il supporte bien d'être un peu lourd, ou comme un modèle de performance, grâce à sa grande surface et la possibilité d'une grande hélice sans modification du train. Seul défaut si on veut participer à un concours, la documentation est maigre ( du moins la mienne! ). Si j'en possède un plan correct, dont j'ai d'ailleurs oublié la provenance, je n'en connais que deux exemplaires par des photos microscopiques, et encore sont-ils légèrement différents comme il arrive souvent pour les avions d'amateurs. Le détail de la décoration d'aile provient d'une maquette vue dans un magazine américain! Je ne peux donc pas en garantir l'exactitude à 100 %.

Construction

La construction est on ne peut plus traditionnelle, et je n'insisterai que sur les différences entre les deux versions. Pour le fuselage, construction habituelle en deux flancs construits l'un sur l'autre, réunis ensuite par les entretoises. L'amateur de performance sélectionnera soigneusement son balsa et pourra poncer l'intérieur des entretoises après construction. Il posera les fenêtres en Mylar ou Scellofrais avant le papier ce qui rendra la pose de ce dernier un peu plus délicate ( un filet de colle néoprène ). Les fenêtres étant planes, la tension de ces revêtements à l'air chaud donne des surfaces impeccables. Le débutant pourra se contenter de poser les fenêtres après tension du papier, plus facile mais moins joli, et même utiliser pour cela du transparent adhésif.
Paradoxalement l'aile bilongeron, comme sur le plan, est recommandée si on recherche la légèreté. Elle permet d'utiliser de faibles sections pour longerons, bord d'attaque et bord de fuite et du balsa très mince pour les nervures que l'on peut ajourer entre les longerons. Une aile creuse serait plus légère et plus performante, mais la forme de l'emplanture rend cette solution difficile. Une aile monolongeron est tout à fait possible, avec un longeron en 1,2 x 1,2 dur placé à 25 mm du bord d'attaque. Surtout dans ce cas, il faut bien coller les nervures au revêtement pour éviter le flambage.

Pour le recouvrement, les débutants et les impatients recouvriront tout l'appareil ( sauf le fond de fuselage ) en papier japon blanc et colleront les parties bleues à l'acétone après tension et enduit ( dilué à 80% ). La solution légère consiste à préparer le papier des flancs de fuselage en découpant ensemble les papiers blancs et bleus et en les raccordant à l'enduit très dilué avec un recouvrement de 1 mm. La pose se fait ensuite normalement. De même pour le dessus de l'aile. Dans ce cas, seuls les filets en papier bleu foncé ou noir seront collés en surépaisseur.

L'empennage horizontal est agrandi mais reste petit par rapport à l'aile. Si on recherche la performance en utilisant un moteur très long ( plus de deux fois l'entre-crochet ) il pourra être nécessaire de l'agrandir encore.

Les jambes du train étant visiblement coniques, on peut les habiller de souplisseau électrique étiré au dessus d'une flamme. Après quelques essais on obtient facilement un tube effilé qui habille élégamment la cap 5/10 du train.

Daphné m'ayant servi à faire quelques essais généraux sur les modèles d'intérieurs, j'ai effectué quelques mesures plus précises que ce que l'on fait habituellement. Bien que l'utilité en soit modeste je vous en livre les résultats car ils donnent une idée des paramètres de vol des modèles taille cacahuète.

  • Poids cellule : 5,5
  • Nez hélice : 1,4 g
  • Lest : 0,5 g
  • Moteur : 2 g
  • Total : 9.4 g
  • Vitesse de plané à ce poids et ce C.G. sans hélice : 275 cm/s
  • Vitesse de chute: 85 cm/s

Ceci donne une puissance nécessaire au vol horizontal de 800 g.cm/s, donc une force de traction de 2,9 g. La finesse est de 3.25

En fait les meilleures performances ont été réalisées avec un moteur plus court, plus faible et moins de lest au poids approximatif de 8,8 g.

Mon modèle est centré assez avant ( 28 à 30% ) probablement à cause du petit empennage. Il tourne à droite sans vrillage d'aile, avec 2 ° de piqueur, 2 ° d'axe à droite et la dérive 2 ° à gauche. Le vol, relativement rapide au début, ralentit sensiblement ensuite, probablement quand les noeuds du moteur très long reculent dans le fuselage ( ceci explique la nécessité du C.G. assez avancé au début ) . Ce réglage n'est pas entièrement satisfaisant, mais c'est comme cela que j'ai obtenu les meilleurs vols ( 94 s avec un moteur de 2 x 1,9 mm² de section sur 450 mm de long remonté à 1900 t )

Le Daphné en Maquette 66

En passant le plan à la photocopieuse ( rapport 2 ) vous obtenez sans vraiment vous fatiguer le plan d'une Maquette 66 simple et performante. Je n'ai pas procédé autrement! J'ai réalisé le fuselage en baguette de 3 x 3 ce qui est surabondant, du 2,5 x 2,5 moyen serait idéal, de même que pour les empennages. Pour l'aile, 3 x 3 pour le b.a., 2 x 2 ou 1,5 x 1,5 dur pour les longerons, 5 x 2 pour le b.f. et 10/10 pour les nervures.
Dans cette taille, à mon avis, il est préférable d'avoir un modèle démontable. Il faudra donc prévoir à l'emplanture de l'aile deux tétons en bambou, collés sur les deux premières nervures et pénétrants dans des trous renforcés au dessus des fenêtres de cabine. J'ai fait passer à l'intérieur du fuselage le bracelet de caoutchouc reliant les ailes , mais je ne vous recommande pas cette solution compliquée sur un modèle qui n'est pas destiné à une compétition maquette très sévère. Des crochets au dessus de chaque longeron et un caoutchouc extérieur sont bien plus simples et plus pratiques. Ne pas oublier des petits anneaux sous l'aile et en bas du fuselage pour l'ancrage des mats. Ainsi équipé Daphné a survécu à quelques bûches spectaculaires!

Avec l'hélice de diamètre maxi 22 cm imposé par le règlement des Maquettes 66, au pas de 1,6, il faut 4 brins de 6,35 x 1 pour avoir une montée vigoureuse. On ne peut utiliser un moteur proportionnellement aussi long qu'en cacahuète car en extérieur il faut pouvoir planer. 75 cm semble un maximum, ce qui assure 1200 à 1300 t et des temps de vol de l'ordre de la minute pour un modèle ou le légèreté a été assez largement sacrifiée au profit de la simplicité et de la robustesse.

Ne pas oublier une roue libre ( la plus simple est la mieux! ) qui fait gagner quelques secondes de vol, même si le plané est perturbé par le long moteur détendu. Une butée d'arrêt de déroulement comme on en utilise en compétition serait bien utile, mais j'ai été intimidé par cette sophistication pourtant bien modeste !

Personnellement, j'ai un peu massacré ce modèle pour le munir successivement d' un moteur à CO2 Modela, puis d'un moteur électrique avec lesquels il vole également parfaitement, bien que les temps de vol soient un peu plus faibles qu'avec le moteur caoutchouc, mais la performance n'étant pas le but de l'opération, je n'ai peut-être pas poussé assez loin mes efforts!

Documentation

  • Sport Aviation 6/6/69 : petite photo
  • Model Builder 9/82 : schéma de décoration
  • Le trois-vues provient de la doc d'un kit (origine constructeur probable)
Ajouté le 01/08/2008 - Auteur: Jacques Cartigny - Catgégorie: F4D