Réglages d'une cacahuète

Introduction

Ayant fait - ou essayé de faire - voler deux bonnes centaines de maquettes légères de vol libre, il m'arrive encore de m'arracher les tifs qui me restent pour régler un modèle qui pourtant semble ne rien avoir d'extraordinaire ( le SFAN 11 ! Grrr Il ). Je n'ai donc pas la prétention ici d'élucider tous les problèmes! Ce qui suit est le résultat d'une assez longue ( hèlas! ) expérience, raisonnée autant que possible, recoupée par les écrits des grands ancêtres, mais on ne peut tirer de conclusions que de ce qu'on a vu, et les Cacahuètes nous confirment à la moindre occasion qu'il reste bien des choses à découvrir et des comportements sur lesquels on peut réfléchir... heureusement !. Les maquettes sont très diverses dans leur poids et leur géométrie. Même deux versions du même appareil peuvent posséder des réglages apparents assez différents car il peut exister des divergences subtiles dans les profils, les incidences réelles, et la direction de l'axe dont la mesure est peu précise. Il ne faut donc pas accorder trop d'attention aux valeurs chiffrées des paramètres, par contre le déroulement du réglage est un processus assez constant. Remarquons que notre prétention n'est pas mince. Nous voulons, sans pilote, faire tourner serré et régulièrement des modèles peu stables, propulsés par un moteur dont la puissance, dans sa partie utile, varie en proportion de 5 à 1 ! Pour essayer d'alléger la lecture, on a reporté en notes les commentaires les plus détaillés ( ou les plus bavards ! ).

Réglage du plané

Les maquettes ont en général de petits empennages, peu de dièdre, et leur tolérance aux variations est petite. Il est donc absolument essentiel de s'assurer d'un bon plané, de façon à ce que le modèle soit stable sur sa trajectoire ( stabilité statique) et qu'il surmonte bien les perturbations extérieures ( stabilité dynamique ). VL : V longitudinal. Différence d'incidence entre l'empennage et l'aile, mesurée pour des raisons pratiQues par rapport à l'intrados de l'aile

La plage d'équilibre statique ( un centre de gravité ( CG ) et un VL qui lui est adapté) est relativement grande, le modèle étant statiquement d'autant plus stable que le CG est plus avancé. Mais en cas de perturbation, un CG trop arrière ( cas le plus dangereux) peut fournir une réaction tellement "molle" que le modèle est très long ( ou même n'arrive pas) à retrouver un vol stable, alors qu'un CG trop avant peut au contraire apporter le même problème à cause de réactions trop brutales qui s'amortissent trop lentement ( ou pas du tout! ).

On s'aperçoit en général rapidement qu'il n'y a qu'un couple CG-VL qui convient ( c'est celui qui adapte la réponse à l'inertie du modèle) et que ses limites sont souvent très étroites. Régler le plané est la partie la moins passionnante du réglage mais il est bon d'y apporter beaucoup de soin.

Détaillons pour les débutants Il est préférable de faire les essais de plané sans hélice. Mettre le moteur en place, remplacer l'hélicè par un poids équivalent ( un poids total différent est sans importance si le CG est le même).

Il existe des formules approximatives permettant de calculer la position du CG d'un modèle (voir note A). Si vous n'avez pas envie de calculer, prenez le 1/3 avant de la corde moyenne de l'aile pour une aile haute, le 1/4 avant pour une aile basse ou un modèle à très petit empennage. Lester l'avant ( presque toujours hélas! ) par exemple avec de la pâte à modeler ou du fil de soudure, de façon à ce que le CG soit approximativement à la position choisie.

Pour ces premiers réglages, l'empennage peut être tenu par un bracelet de caoutchouc ou des petites cales. S'il est collé, on peut le munir d'un volet en papier qui sert de gouverne provisoire. Donner à l'empennage un angle négatif ( VL ) de 4 à 5° par rapport à la surface inférieure plate de l'aile en utilisant une petite cale à l'arrière de l'empennage ( par exemple 3 mm pour un empennage de 40 mm si les incidences étaient les mêmes à l'origine ). C'est cet angle de VL qui assure la stabilité du vol.

Ce réglage ( CG au 1/3 , et VL de 50 ) n'est qu'un point de départ pour la recherche d'un bon plané, car les bonnes valeurs varient d'un modèle à l'autre selon les formes ( surtout rapport et position relative de l'aile et de l'empennage) et les petites différences de construction. En règle générale, pour les maquettes on ne peut guère reculer le CG au delà de 40% pour une aile haute mais on peut avoir à l'avancer à 20% ou moins pour une aile basse ou un biplan. Pour un modèle d'extérieur, il faut essayer de trouver un bout d'herbe haute et un jour sans vent, pour un petit modèle on peut l'essayer sur le lit ou le canapé! Lancer le modèle sans violence en visant un point au sol à 8 ou 10 m de vous, SURTOUT PAS VERS LE HAUT

Trois cas peuvent se produire

  1. Le modèle pique de plus en plus: Si un lancer un peu plus fort n'apporte pas d'amélioration, augmenter le VL par une petite cale.
  2. Le modèle monte et retombe, une ou plusieurs fois: Diminuer le VL.
  3. Le modèle continue son vol de façon régulière sur une pente plus ou moins forte: C'est gagné, le bon réglage n'est pas loin.

On peut l'améliorer en essayant de reculer le CG en retirant du lest et en diminuant légérement les cales arrières, mais toujours par très petites variations, et en ne changeant qu'une chose à la fois. De cette façon on peut allonger le plané et le rendre moins rapide, ce qui est favorable à la performance (voir note B), mais il ne faut pas aller trop loin 'dans ce domaine, un plané un peu plus rapide est plus stable, surtout pour les premiers réglages. La difficulté pour le débutant est de trouver la vitesse "naturelle" du modèle et la bonne pente pour obtenir un lancer correct.

Une des caractéristiques d'un bon réglage est que le modèle "récupère" sa pente de plané lors d'un lancerr un peu trop fort (4), par contre à un CG très reculé, le modèle est presque impossible à lancer correctement. Il n'est pas grave que le modèle tourne un peu à droite ou à gauche pendant les essais de plané, mais il faut le noter pour la suite des réglages, Un virage trop prononcé est généralement le signe d'un vrillage d'aile difficile à supprimer - que l'on peut corriger avec un petit volet pour "soutenir" l'aile intérieure au virage et un petit volet sur la dérive. Sinon ce vrillage peut imposer le sens du vol au moteur ( à droite si l'aile droite est vrillée positivement, à gauche pour l'inverse ).

Ces explications sont un peu longues, mais en fait, on arrive rapidement à un plané correct. Il est bon de faire de nombreux lancers à ce bon réglage, tant pour s'entrainer au lancer, toujours délicat, que pour bien observer la vitesse de vol, ce qui sera utile pour la suite.

Si l'on est satisfait de son réglage, il est bon de le fixer, en collant l'empennage et en fixant le lest de façon stable sinon définitive.

En principe, ce réglage ( CG et VL ) ne doit plus être retouché. En fait, en fin de réglage, de petits ajustements peuvent être nécessaires, selon virage à droite ou à gauche, incliné ou non, ou pour fignoler les performances. Mais, si un bon plané ne vous assure pas à tout coup un bon vol moteur, un mauvais vous apportera avec certitude un gros Droblème à un moment ou l'autre du vol ( le modèle volera bien à certains remontages. ou à certaines inclinaisons et pas à d'autres. etc Pour l'exception des ailes basses voir note C Ne pas oublier de rétablir le CG à chaque changement de moteur ou d'hélice.

Vol au moteur: Régler, avec quoi?

- Dans le plan vertical: Direction de l'axe moteur ( piqueur P )
- Dans le plan horizontal: Direction de l'axe moteur (décalage D ) Braquage dérive ( B ) Vrillage d'aile
- La puissance du moteur n'est pas un moyen de réglage à proprement parler, mais elle a évidemment une influence dans les deux plans, la valeur de chaque réglage change donc à mesure que l'on remonte.

Tout le monde a constaté l'extrême sensibilité des cacahuétes aux réglages. Un petit volet de dérive de 20 mm2 braqué à 5°, un lest de 0,1 g qui avance le CG de 1 mm, une cale de piqueur de 0,3 mm peuvent changer totalement le comportement d'un modèle. Il faut donc insister sur la nécessité de pouvoir faire des réglages fins et stables. En particulier, empennages qui ne bougent pas aux chocs, lest bien fixé mais accessible, et surtout nez mobile pas trop petit, bien calé, facilement réglable dans les deux plans ( ce n'est pas toujours facile! ).

Réglage

à droite

à gauche

Décalage axe fort, 3 à 6° à droite faible, 0 à 1° à droite
Angle dérive ou volet faible, 2° à gauche à 3° à droite fort, 5 à 10° à gauche
Vrillage faible, 0 à 2° à droite fort, 2 à 3° à gauche ; -2 à -3° à droite
Piqueur 2 à 6° presque totalement indépendant du sens de vol
Recommandé pour Avions stables
Aile haute à cabine
Aile médiane avec dièdre
Aile basse à fort dièdre
Avions peu stables
Aile basse
Biplans à cabane
Parasol à fuselage rond
Remarques Vrillage nul possible si dièdre Prévoir un vrillage d'origine ou ailerons mobile, et gouverne de dérive mobile.


Discussion

lorsque le modèle vole au moteur, il subit la traction de l'hélice, et le couple de renversement du caoutchouc qui tend à l'incliner à gauche ( les hélices tournent presque toujours à droite ). II faut régler le modèle dans le plan vertical, et pour cela on ne dispose que de la direction de l'axe ( en général vers le bas, piqueur P ) et accessoirement de la puissance du moteur. Et dans le plan horizontal, où on peut disposer de trois moyens, le braquage de la dérive B ( ou d'un volet ), le décalage angulaire latéral de l'axe D, et le vrillage de l'aile. On négligera la possibilité, réelle mais peu pratique, de lester un bout d'aile.

Ajouté le 25/07/2008 - Auteur: Jacques Cartigny - Catgégorie: F4F