Réalisez votre propre cacahuète RC ! Le Lacey M10

Je vous invite à travers ces lignes à expérimenter la construction d’une cacahuète RC. Vous verrez, il n’y a rien de compliqué. Il vous faudra juste un peu de patience et quelques outils adaptés (mais rien d’exceptionnel). Peut-être avez-vous déjà pratiqué le vol libre ? Dans ce cas, la construction devrait être un jeu d’enfant.

Le Lacey-M10 est un avion de construction amateur des années 60. Il n’est certes pas très gracieux mais ses formes simples en font le modèle de début par excellence pour cette catégorie. De plus, ses très bonnes qualités de vol et sa généreuse surface alaire lui permettront d’embarquer aisément les grammes supplémentaires que constituent le matériel radio et la propulsion.

Caractéristiques et équipement

Après avoir testé plusieurs marques de matériel je me suis définitivement arrêté sur la gamme proposée par MicroInvent (www.microinvent.com). Ce n’est pas le meilleur marché mais de loin la meilleure qualité et la plus simple à mettre en œuvre (pas de soudures délicates de fils, tout est livré avec des connecteurs sauf le moteur/contrôleur).

Voici les principales caractéristiques du modèle et de ses équipements :

  • Motorisation : G15 4W Bee (brushless à cage rotative)
  • Contrôleur : MCB2
  • Hélice : MCF5035 (Carbone)
  • Actuateurs : MCA3S
  • Récepteur : Minor Eco-S
  • Accu : 1 élément Li-Po 145ma
  • Envergure : 328 mm
  • Longueur : 320 mm
  • Masse en ordre de vol du prototype: 25,65 g

Le matériel est un peu trop puissant pour ce modèle mais j’ai voulu quelque chose de polyvalent qui puisse également servir à équiper un modèle plus lourd par la suite. J’aurais pu gagner au moins 5 à 6 grammes en utilisant des actuateurs moins puissants, un moteur plus léger (mais moins puissant également) et une batterie de  90ma.

Construction

Je vous suggère de commencer par la découpe des 15 nervures (13 en balsa 1 mm et deux en balsa de 1.5 mm) les pièces composant le capot, la trappe d’accès et les sorties de commandes.

Le reste n’est que des longerons débités dans une planche de 1.5 mm. Si la découpe des pièces vous inquiète, sachez qu'un kit découpé au laser est disponible.

Sauf indication contraire, l’ensemble est collé à la colle blanche ou a la résine aliphatique diluée à l’eau (50%).

Evitez  de planter des épingles à travers le bois, utilisez plutôt de petites cales pour maintenir les pièces durant le séchage.

Stabilisateur et dérive

Assemblez-les en treillis de balsa de 1.5 x 1.5 mm. Les gouvernes ne sont pas montées séparément, elles seront découpées après entoilage pour plus de facilité.

Les stabilisateur et dérive terminés, poncez les finement. J’utilise une feuille de papier de verre grain 1000 collée sur une plaque de carton mousse et je ponce à l’envers : je « frotte » délicatement ma pièce sur mon papier de verre posé sur une table en la tenant avec la main bien à plat.

Passez directement à l’entoilage car vous en aurez besoin pour la suite, voir la section « Entoilage et finition » dans ce même article.

L'entoilage terminé, séparez les gouvernes des parties fixes à l’aide d’une règle métallique et d’une lame de rasoir.

Les charnières sont réalisées dans de l’élastique à chapeau dont on a retiré l’habillage pour ne conserver que le caoutchouc. Les avantages de cette méthode sont la facilité de placement, la souplesse de la charnière (extrêmement important vu le peu de force que produit un actuateur) et un retour au neutre naturel.

Percez de petit trous à l’aide d’une épingle et glissez y de petits morceaux d’élastiques, sécurisez avec une micro goutte de cyanoacrylate fluide.

Fuselage

Commencez par construire les deux flancs en treillis de 1.5x1.5 mm. Découpez les longerons à la lame de rasoir ou au scalpel, un cutter traditionnel ne donnera pas une coupe assez nette. Lorsque le premier flanc est construit, laissez le sur le plan et construisez le second par-dessus, cela vous permettra d’obtenir deux pièces parfaitement symétriques.

Il y a un flanc gauche et un flanc droit ! La différence se situe au niveau des sorties de commandes. Prenez donc bien soin d’examiner le plan.

Pour réaliser les cassures dans les flancs, un simple coup de lame suffit à affaiblir le balsa et ensuite à le « craquer » proprement. Une fois le fuselage terminé il faudra passer une micro goutte de cyanoacrylate fluide pour solidifier les quatre points faibles.

Pensez également à biseauter les extrémités arrière du fuselage comme dessiné sur le plan.

Lorsque vos deux flancs sont secs, vous allez pouvoir à les assembler avec des entretoises en balsa de 1.5x1.5 mm. Pour s’assurer que le fuselage soit parfaitement « carré », découper de petites équerres en balsa que vous épinglerez sur le chantier afin de maintenir les flancs à 90 degrés durant la première phase d’assemblage.

Assemblez ensuite la partie arrière du fuselage en utilisant également des équerres en bois. Elles seront encore plus utiles ici car l’extrémité arrière du fuselage est flottante, il faudra donc prendre soin de bien tout aligner. Collez ensuite les entretoises restantes.

Passez à l’installation de la trappe d’accès à la radio. Découpez la trappe dans du balsa de 1.5mm et collez les renforts en balsa 3x1.5mm sur lesquels elle repose. Aménager la partie intérieure de la trappe en y faisant un petit logement pour l’accu et réalisez deux petits crochets en corde à piano de 0.8mm qui serviront à recevoir un petit élastique qui maintiendra la batterie ne place.

Assemblez ensuite les pièces composant le capot et poncez-le. Ne pas le coller au fuselage pour le moment.

Pliez suivant le plan de la corde à piano de 0.8 mm pour réaliser le train d’atterrissage. Découpez son support du balsa moyen de 1.5 mm et collez le train dessus à la cyanoacrylate épaisse. Collez l’ensemble en place dans le capot.

Découpez dans du contre plaqué léger de 3 mm le support moteur. Repérez des vis de fixation et percez les trous nécessaires.

Montez votre moteur sur son support et présentez le dans le capot. Effectuez les ajustages nécessaires pour obtenir 1 degré d’anti couple et 1,5 degré de piqueur. Immobilisez l’ensemble à la cyanoacrylate fluide.

Ne collez votre capot au reste du fuselage qu’une fois le train et le moteur définitivement fixés. L’accès au moteur reste possible grâce à la face avant qui reste amovible.

Collez en place les actuateurs et réalisez les commandes. Elles sont constituées d’un longeron en balsa de 1.5 x 1.5 mm. La « chape » côté actuateur est un coude en métal non ferreux (sans quoi le fonctionnement de l’actuateur serait perturbé). Du côté de la gouverne il n’y a aucun soucis, de la corde à piano de 0.4 mm fera parfaitement l’affaire.

Les guignols sont découpés dans de la plaque de fibre de verre mais du contre plaqué fin fera également l’affaire.

A ce stade, vous pouvez déjà entoiler les flancs du fuselage et sa partie supérieure. Laissez le dessous ouvert pour pouvoir accéder aux équipements. Vous ne le fermerez qu’à la fin.

Vous pouvez également déjà coller le stabilisateur et la dérive, ça vous facilitera la vie pour l’ajustement des commandes pourra se faire de manière quasi définitive.

Ajustez au mieux les commandes et assurez-vous de leur parfaite liberté de mouvement tant que le fuselage n’est pas encore entoilé.

Pour ce qui est de du réglage de leur longueur, j’ai simplement enfoncé la corde à piano du côté du guignol dans le longeron en balsa dans le sens de la longueur, la tenue sans colle suffit pour faire le premier vol et ajuster parfaitement les commandes. Quand les bons réglages sont obtenus on pointera la corde à piano avec une micro goutte de cyanoacrylate fluide fixer définitivement la longueur des commandes.

Aile

Facile ! Un longeron principal de 5x1mm, un bord d’attaque en balsa de 1.5 x 1.5 mm et un bord de fuite en balsa de 1.5 x 3 mm. N’essayez pas de mettre en forme le borde d’attaque et le bord de fuite avant l’assemblage, vous risqueriez de vous énerver.

L’aile est rectangulaire, sans dièdre ni vrillage, elle ne présente donc aucune difficulté.

Commencez par fixer le bord de fuite sur le chantier en le calant avec une règle métallique pour vous assure qu’il est bien droit. Ensuite, placez une première nervure et le longeron principal. Puis collez les autres nervures et pour terminer le bord d’attaque.

La seule difficulté est de poncer l’ensemble sans tout casser. Pour ce faire, je vous propose une méthode qui me donne satisfaction.

Prenez une planche rigide (MDF, contre plaqué, …) qui servira de support pour l’aile durant le ponçage du bord de fuite et du bord d’attaque.

Collez avec de minuscules points de cyanoacrylate le bord d’attaque le long d’une des arrêtes de la planche et bien à ras. Je dirais que 6 points de fixation suffisent.

Vous obtenez alors un bord d’attaque maintenu sur toute sa longueur et plus facile à mettre en forme. Malgré cela, il va falloir maintenir le reste de la structure d’une main tandis que l’autre servira à poncer avec une cale.  Quand la forme souhaitée est obtenue, passez délicatement entre la structure et la planche avec une lame de rasoir pour décoller les points de fixation. Procédez de la même manière pour le bord de fuite.

Ne collez pas encore les saumons à ce stade, ils seront ajoutés après l’entoilage mais avant la tension à l’eau.

Entoilage et finition

Il est fait au papier japon. Indispensable dans ce cas car les matériaux traditionnels seraient beaucoup trop lourds. Vous pouvez vous en procurer chez tous les revendeurs cités ci-après. Prenez de l’ESAKI, c’est de loin le meilleur disponible.

Une solution vraiment pratique pour la décoration consiste à imprimer votre papier japon à l’aide d’une imprimante à jet d’encre. C’est vraiment facile et rapide si on compare cette méthode à de la peinture et le résultat est excellent. Pour plus d’information référez-vous à l'article sur l'impression de papier japon avec une imprimante à jet d'encre.

Pour les plus pressés, je peux également vous proposer un set d’entoilage composé de feuilles d’ESAKI imprimées.

Voici quelques uns de mes autres modèles dont la finition est faite avec cette technique :

L’outillage nécessaire

  • Une lame de rasoir NEUVE (elle doit être parfaitement tranchante)
  • Un bâton de colle, j’utilise la UHU (tube jaune), c’est celle qui me donne le meilleur résultat. La Pritt fonctionne également.
  • Un vaporisateur permettant de créer une brume d’eau très fine.
  • Du dope et son diluant

Pour terminer la construction

Il ne reste plus qu’à assembler les différents éléments. Collez l’aile, la dérive et le stabilisateur au fuselage par de petits points de cyanoacrylate. Il vaut mieux ne pas trop fixer l’aile de façon à ce qu’en cas de choc violent les points de collage puissent faire office de fusibles et donc limiter la casse.

J’ai utilisé des roues du commerce légères (0.4g) de 20mm de diamètre. Vous pouvez également les tourner dans du balsa et les peindre.

Les arrêts des commandes et des roues sont des gouttes de cyanoacrylate épaisse accumulées et durcie à l’aide d’accélérateur.

Vol et réglages

Le centrage au niveau du longeron principal de l’aile est un bon départ. Il pourra ensuite être ajusté. Attention de ne pas trop reculer car de si petits modèles sont extrêmement sensibles. Procédez par millimètre.

L’intérêt d’un modèle comme celui-ci est avant tout de se lancer dans la maquette miniature. Ce n’est pas avec le Lacey que vous passerez de la voltige. Je dirais qu’on trouve son plaisir dans les décollages, atterrissages et touch-and-go et surtout de piloter un petit modèle, fait maison de surcroît. Pour cette raison, cette partie sera assez succincte.

Le premier vol s’est déroulé sans problème. Il m’a juste fallu ajuster légèrement le neutre de la profondeur. Le décollage est une simple formalité. La puissance disponible et largement suffisante (30 grammes de traction pour un modèle en pesant seulement 25,6).  Le modèle vole sainement et pas trop vite  au tiers de la puissance. Les virages nécessitent un léger soutient à la profondeur mais rien de bien particulier. Il ne faut toutefois pas ralentir de trop car même si le décrochage intervient tard, il est assez franc ce qui est souvent le cas avec de si petits modèles.

Les ressources du web

Vous trouverez ici toutes les ressources qui m’ont paru intéressantes. Beaucoup sont dédiées au vol libre mais toutes les techniques de constructions qui y sont décrites sont susceptibles de vous intéresser dans la mesure où elles peuvent aussi s’appliquer à de la mini RC.

Articles, inspiration, plans, …

Matériel

Ajouté le 01/10/2010 - Auteur: Benjamin Magits - Catgégorie: Micro RC

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