Etudié par Gustave Eiffel en 1917 dans son laboratoire (qui existe toujours) et construit par Bréguet ce monoplan était révolutionnaire par rapport aux autres avions de l'époque. Cassé dans un des premiers vols, par manque d'expérience, il ne put jamais prouver ses qualités théoriques.
Pour le maquettiste, il est très attirant par son originalité, sa grande surface et ses lignes relativement simples, mais quel petit nez, et quel petit empennage !
Construction
La construction du fuselage ne présente aucune particularité, sauf soigner la légèreté à l'arrière ce qui n'est pas original. Pour concourir en Maquette Cacahuète, on peut même avancer la broche d'une travée, l'économie de lest compensant presque la perte du nombre de tours. Les blocs constituant l'avant sont collées légèrement en place, poncés à la forme presque exacte, décollés, creusés (il n'est pas utile d'alléger trop), recollés en place. Après un dernier ponçage de finition, passer un mélange enduit + talc pour obtenir une surface qui supportera la peinture sans faire apparaître les fibres du balsa.
Les nervures d'ailes sont taillées en bloc, d'une seule pièce pour les deux ailes. Le profil étant mince et l'effilement faible, il suffit de prendre une nervure sur deux pour une aile et les autres pour l'autre aile, recoupées à l'arrière de moins de 1 mm. La différence est imperceptible. Par peur de manquer de stabilité j'ai prévu à l'emplanture un profil autostable, mais je ne suis pas sur que ce soit bien utile, les profils convexes et mince ayant un faible déplacement du centre de poussée. De toutes façons, au séchage de l'eau de tension et de l'enduit (très dilué), ne pas oublier le vrillage différentiel, cale de 2 mm sous le bord d'attaque du marginal gauche et 2 mm sous le bord de fuite du marginal droit
Décoration
Il n'existe évidemment pas de photo en couleur du L.E., mais le Musée de l'Air en possède une maquette qui permet de se faire une idée correcte de la décoration. L'ensemble est de couleur beige , les parties métalliques sont gris bleu foncé sauf les jambes du train qui sont alu. Les charnières des gouvernes sont recouvertes d'une bande blanche, la partie fixe de la dérive est vert olive. Hélice et radiateur noirs. Tricolore sur la gouverne de direction
Réglage
L'aile basse et le petit empennage imposent un centrage assez avancé (2 à 4 mm derrière le longeron avant), ce qui exige pas mal de lest dans le nez. Il faut impérativement être assuré d'un plané sans problème avant les vols au moteur. Commencer les essais avec une extension de dérive importante. Mon modèle demandait une boucle de 2,4 ou 2,5 x 1 (jusqu'à 400 mm de long ). Si le plané est bien réglé le piqueur peut être plus faible que celui indiqué sur le plan (un piqueur trop fort se repère au fait que le modèle vole vite sans monter dans les premières secondes et ne commence à monter que quand la puissance faiblit) On doit obtenir un virage à gauche stable avec un braquage faible ou nul de la dérive. On peut alors diminuer progressivement l'extension de dérive, mais, sur mon modèle, je n'ai pas réussi à la supprimer entièrement (on pourrait agrandir la dérive, mais attention à la longueur qui doit rester inférieure à 230 mm).
Documentation
- Pégase n° 49 4/88 (plan, étude, photos)
- Aircrafts of WW I - Fighters volume IV ( Mac Donald )