De micros modèles RC, en voilà un vieux rêve datant de l’époque ou le plus petit servo était plus lourd que le plus petit des avions actuels. Ce type de modèles et les équipements qui servent à les faire voler n’étant pas si évidents à manipuler, j’ai voulu trouver un modèle pouvant me servir référence pour les suivants.
Une fois de plus, Internet m’a aidé à trouver mon bonheur. J’ai découvert une série de magnifiques petits modèles du type « Peanut Scale » fabriqués par la société Slovaque « Microinvent » (www.microinvent.com). MicroInvent est à ma connaissance le seul à proposer ce genre de produits sous une forme aussi aboutie. Il faut d’ailleurs compter 2 semaines à dater de la réception du paiment pour que le modèle vous soit expédié. Cela peut paraître long mais il n’en est rien. Vous découvrirez pourquoi en lisant les lignes qui suivent.
J’ai longtemps hésité à passer commande car pas mal de questions se posaient : quelle peut être la qualité de finition ? Est-ce que le montage sera fait proprement ? Est-ce qu’un modèle de cette taille est réellement capable de bien voler ? Que peut-on attendre pour le prix? Le peu d’informations que j’ai trouvées sur internet étaient très élogieuses, j’ai donc décidé de me lancer dans l’aventure.
Cet article a donc pour but de vous éclairer et vous aider à prendre une décision si vous avez envie de vous procurer un de ces modèles.
Micro Invent est dirigé par Ivan, ingénieur en électronique. Il développe lui même ses produits (actuateurs, chargeurs li-po, récepteurs,…). Son associé Robert, est quand à lui ingénieur mécanique, s’occuppe d’une main de maître de la conception et de l’assemblage des kits.
Spécifications techniques
- Envergure : 300 mm
- Longeur : 272 mm
- Masse : 25,4g
- Commandes : Profondeur, dérive et moteur
- Accus : 1 élément Li-Po de 145 ma
- Hélice : 5X3 moulée carbone.
- Motorisation : GB28N2LV, taux de réduction 2,8 :1 (Origine Gasparin).
Déballage
Vous comprendrez sans peine que c’est avec pas mal d’apréhension que j’ai ouvert la volumineuse boîte qui contenait ce petit bijou. En effet, un modèle de 25g en ordre de vol c’est fragile, et vu les traitements que peuvent subir les colis par les services postaux il y avait de quoi s’inquiéter. Finalement tout était entier.
A l’ouvertue du colis, mes yeux se sont littéralement mis à pétiller en découvrant le modèle fixé à ses supports en mousse faits sur mesure. Il y avait également deux sachets platiques collés dans le fond du paquet, l’un contenant l’élément Li-Po de 145ma et l’autre un connecteur supplémentaire pour le charger. Le modèle quant à lui est entièrement monté, équipé et... testé en vol avant livraison ! Oui, vous avez bien lu. Il s’agit ici d’un exemple ou la mention « Ready To Fly » prend tout son sens. Il n’est donc pas étonnant qu’il faille quelques jours de délais pour obtenir ce modèle.
Malheureusement aucun manuel ou autre document n’accopagnait l’avion, j’en ai donc fait la demande à Ivan par e-mail vu que bien peu d’informations sont directement disponibles sur le site.
Examen des élements
La cellule
L’ensemble est fait en balsa selon la technique classique de construction des modèles de vol libre. Le tout est recouvert de papier japon de différentes couleurs parfaitement posé. Il n’y à pas un pli ni le moidre défaut dans l’entoilage. Il semble êtres protégé par une couche d’un produit dont je ne peux définir la nautre. Sans doute du dope mais sans certitude.
Le capot moteur constitué principalement d’une feuille de balsa roulé n’est pas démontable.
Le volet de dérive fait également exception, il est en balsa plein de 0,8 mm.
Les immatriculations, la bande rouge sur la dérive et les bandes vertes sur le fuselage sont réalisées en papier Japon, les croix allemandes sont des décalcomanies à l’eau. Les bords des immatriculations comportent par endroit de très légères « bavures ». Il me semble cependant difficile de faire mieux car découper de si petites formes dans du papier japon semble difficile. Peut-être auraient ils du utiliser des décalcomanies à l’eau également pour celles-ci ?
Les jantes des roues principales sont en plastique gris et les pneux en mousse ultra légères. Ce sont des roues de fabrication de série (GWS) comme on en trouve pas mal qui équippent des modèles électriques plus grands. La roulette de queue comporte une jante qui semble être en métal léger (de l’aluminium sans doute) et un pneux fait avec un O-Ring. Petite cerise sur la gâteau, les amortisseurs du train principal sont fonctionels !
La cabanne et les mat sont en bois dur (très probablement ce bois dur et léger très utilisé en vol libre, le « Basswood ») peint en noir et sont reliés entre eux par des croisillons en fil noir. Le stabilisateur et la dérives sont eux aussi haubanés. Ces détails sont fort appréciables car ils apportent pas mal au réalisme du modèle.
Toutes les charnières sont en faites de fin fil (genre fil à coudre), la mobilité des gouvernes est d’une grande souplesse et sans frottements. Les guignols sont en laiton extrêmement fin de très belle facture.
Les commandes sont composées d’une baguette de balsa avec aux extrémités une morceau de corde à piano plié en « z » faisant office de chapes. Elles sont sécuriées sur les palonniers par de très petits morceaux de tubes glissés et collés sur la corde à piano.
La propulsion
Il s’agit d’un réducteur d’origine Gasparin doté d’un moteur type KP00. Les supports sont en fibre de verre et l’ensemble est entièrement assemblé par des vis. Il’n’y à aucun collage. La pignonerie est en métal et inspire confiance et solidité. L’ensemble est fixé à la cellule par deux vis M1. Le Le tout entraîne une hélice moulée en carbonne de 5X3 ‘’. Son maintient est assuré par une vis M1,4.
L’élément 145 ma est fourni câblé.Un câble de charge se trouve dans la boite. Il n’y à plus qu’à monter ses connecteurs pour le relier à son chargeur. Afin d’éviter toute mauvaise surprise j’ai commandé 4 connecteurs pour accus supplémentaires et 2 connecteurs « charge » de manière à pouvoir faire des packs supplémentaires ou équiper d’autres ensembles RC miniatures tout en utilisant le même type de fiches.
Les élement de la radio commande
L’accès à la radio et l’accu se fait par une trappe situé sous le fuselage, à hauteur de l’aile inférieure. Le train est fixé à cette trappe ce qui facilite l’accès aux différents éléments puisqu’il se rabat lorsqu’on ouvre. Cette trappe est articulée par de charnières faites sur base du même procédé que celles des gouvernes. La fermeture est assurée par un petit loquet en fibre de verre.
L’ensmble « récepteurs/variateur » mesure 10X13mm ce qui est par contre largement en dessous de la moyenne. Ce petit bloc est délicatement collé par un point de cyano sur la platine en balsa.
N’ayez crainte, c’est démontable sans aucun problème. J’en ai fait l’expérience. Il suffit simplement d’utiliser un pince pour donner un léger mouvement de torsion, la point se décolle alors sans problème et n’abîme absolument rien.
Les actuateurs sont de type linéaire, c’est peu courant à ma connaissance. Ils occupent une place assez importante par rapport aux actuateurs classiques. Il s’agit du seul bloc comprenant les deux actuateurs. Cet ensemble est fixé de la même manière que le reste.
Toutes les connexions sont faites par de micro connecteurs. Pas de fils soudés directement sur les platine ce qui a pour avantage d’être plus facilement démontable voir trannsposable dans un autre modèle.
Le vol
C’est avec pas une anxiété inversément proportionelle à la taille du modèle que je me suis rendu à la salle omnisports.Entrons immédiatement dans le vif du sujet. L’accu est installé dans la position la plus avant possible afin de sécuriser un maximum le premier vol. Après les classiques vérifications, le modèle est aligné à l’extrémité de la salle. Mise en marche du moteur progressivement, ça accélère assez bien et demande des corrections pour contrer le couple de l’hélice. Après une dizaine de mètres le modèle est dans son élement. La première impression fut celle de piloter un modèle beaucoup plus grand tant le vol semple stable et est très sécurisant. J’entame alors un premier virage déconcertant tant par la stabilité du modèle que par la facilité de la manœuvre. Il faut soutenir assez bien à la profondeur. Les cercles et les huits s’enchaînent sous les yeux des autres modélistes m’ayant gentillement réservé l’espace de vol pour les essais. La réponse des commandes est franche et précise sans être excessive, juste ce qu’il faut pour des manoeuvres tout en souplesse.
Il est maintenant temps de se poser pour vérifier l’état de chaufe des élements. L’attérissage demande un peu de moteur sans quoi le modèle à tendance à s’enfoncer assez fort. Ouf, tout s’est bien passé, quel bonheur ! Le chronomètre de la radio affiche 6 minutes de temps moteur.
Après un rapide check-up, on repart avec le même accu sans l’avoir rechargé. A nouveau tout se déroule sans aucun souci. Le pilotage est un vrai plaisir malgré qu’il ne sagisse que d’un deux axes.Ce premier vol divisé en deux parties aura duré au total 12 minutes en une puissance moteur située aux alentours des deux tiers. A la fin de ces 12 minutes l’accu n’avait encore montré aucun signe de fatigue. Il devait certainement rester un peu d’autonomie.
Le modèle à tendance à voler un peu « vite » et n’est pas vraiment facile à ralentir. Ceci semble être la conséquence d’un centrage trop avant.
Pour le second vol j’ai utilisé un élément E-Tec 90ma plus léger que le 145ma et capable de supporter les mêmes courants de décharge.
L’accu a été placé un peu plus en arrière pour ce vol. Le modèle se comporte déjà légèrement mieux, cette tendance à s’enfoncer s’est un peu atténuée mais n’est pas encore tout à fait au point. Il faudra encore chercher un peu pour trouver le bon centrage.
Lors des vols suivants je suis arrivé à un temps de vol moyen de 12 minutes avec 1 élément de 145ma. Personellement ce temps me satisfait parfaitement. J’ai maintenant 5 packs que je charge la veille de la séance de vol, ça me garanti un minimum de une heure de vol plus les éventuelles recharges sur place. Au prix auquel sont vendus cet type d’élément, on peut se faire une bonne réserve sans faire mal aux finances.
Transport
Restons simple, conservez simplement la boîte dans laquelle l’avion est livré ! J’ai personellement scotché sur les paroies intérieures de petits sachets en plastique me servants de pochettes de rangement (accus, hélices,…). Dans le fond de la boite j’ai collé une boite en carton dans laquelle je peux ranger tout le matériel nécessaire à la charge à savoir un petit chargeur artisanal permettant de charger un élément et un pack de quatre éléments NiCD format 2400 pour l’alimenter. Lorsque je pars voler je n’ai donc besoin d’emporter que boîte de taille moyenne et mon émetteur, pratique ! Je pense cependant me faire une caisse pouvant accueilir deux voir trois modèles, je suis pris par le virus et ne compte pas m’arrêter là! Suite dans un prochain numéro ?...
En conclusion...
Ce type de modèle « Ready To Fly » m’inspire vraiment beaucoup de respect car il s’agit d’un modèle qui ressemble à ce que l’on aurait fait soi-même (en fait c’est même mieux fait que ce que j’aurais su faire). Ce modèle représente à mes yeux un rapport investissement/plaisir élevé. Je ne rentrerai d’ailleurs pas dans un débat sur le prix. Je vous dirai simplement que j’ai choisit de me faire plaisir et que j’ai fonctionné au coup de cœur.
A propos de prix, il y en à pour toutes les bourses. Sachez qu’Ivan peut fournir différentes configurations telles qu’une cellule prête à entoiler ou une cellule entoilée et décorée mais sans équipement. Les couleurs par contre doivent êtres sélectionnées dans la gamme disponible. Ces informations ne sont pas présentes présentent sur le site internet mais il suffit d’en faire la demande.
Les points forts
- L’abréviation « RTF » prend tout son sens
- La -qualité de fabrication exceptionelle
- Les qualités de vol excellentes
- L’esthétique du modèle réussie
- L’aspect semi-maquette
- L’autonomie très correcte
- La qualité du service après-vente (nombreux conseils et aide aux régalges)
Les points faibles
- Le capot qui aurait pu comporter les caches culbuteurs qui auraient encore bien amélioré le look général du modèle.
- L’absence totale de documentation.