C'est Chouette les Cacahuètes - Jacques Delcroix (6/6)

Pare brise

C'est maintenant qu'il convient de poser le pare-brise quand il s'appuie sur le bord d'attaque de l'aile (Pottier 100) ou même sur les 2/3 de la profondeur de l'aile (SK1 Trempik). Pour le Pottier 100, si vous avez respecté les formes, le tracé du pare-brise sur le plan doit convenir. On peut poser notre vitrage sur le plan directement (interposer un calque pour prtéger tout de même) et le découper à la lame de rasoir. Essayer pour un ajustage éventuel. Si cela va bien, on peut certainement diminuer d'un millimètre au moins, presque 2, le recouvrement du bord d'attaque de l'aile. Collage en premier sur le bord d'attaque de l'aile à la contact diluée (voir plus haut p.18). Penser attendre les 10 minutes nécessaires. Trois lignes de collage seulement : en haut et sur les deux montants avant de la cabine (xxxxxxxx). La base arrondie peut très bien ne pas être collée si l'ajustage est soigné. Bien des modèles présentent une disposition analogue. Pour un modèle original, il faut se faire un "patron" en papier (ou en calque très fin) qui n'ira pas forcément du premier coup.

Pour le SK1, la difficulté d'ajustage est plus grande. Les montants de la cabane étant très minces, il est plus joli de faire les vitrages d'une seule pièce. Travailler la précision du gabarit, la réfection et les corrections éventuelles, la minutie de l'encollage, envisager une "prépose" sans appui pour un léger décalage si nécessaire.

Le moment est venu de mettre en place les mâts si l'original en possède. Exceptions : Lacey M10 et Pottier 100. Coloration avant collage et ponçage fin également. Ces mâts doivent être collés sans déformer le dièdre et le vrillage.

Et si l'on prenait une photo?

En noir et blanc, c'est bien, avec une pellicule sensible pour avoir de la profondeur de champ. Eviter le soleil, plutôt un éclairage indirect. Encouleur c'est souvent mieux, mais il faut des contrastes, du soleil même. Vous serez surpris du résultat, cadrez serré, prenez à courte distance (70-80 cm), en gros plan, avec un objectif de de 50 ou 55 mm de distance focale. Reflex si possible !
Bien sûr la photo numérique simplifie les choses.

Quelle est la position du C.G.?

Le centre de gravité de l'écheveau se trouve en général à 1 cm devant le bord de fuite de l'aile, ce qui recule sensiblement le C.G. de l'appareil. Cet écheveau représente le cinquième ou le sixième du poids total. Il faut donc que le C.G. de la cellule "sans moteur" soit plutôt à 12 ou 15% de la profondeur de l'aile. Ne pas croire que l'addition de 0,5g de lest constituera un obstacle à de beaux vols. Les ennuis, les difficultés de réglage, seront bien plus grands avec un centrage trop arrière. Les percussions seront multiples et la dégradation de l'appareil rapide, la fiabilité des vols en souffrira également.

Motorisation

Le Pirelli de bonne qualité se trouve (se trouvait... on est en 2004 !!!) le plus souvent en 6x1. Du 3x1 peut convenir pour des appreils lourds. PLus l'appreil est léger, plus on peut descendre les sections. Avec la même hélice, un Pottier 100 à 7,7 g (cellule) vole environ 65 secondes (sous 7,5 m de plafond) avec 1,8 g de caoutchouc en 2,35x1 de section. Mon second Pottier qui pèse à peine plus de 6 g se contente de de 1,45 g et vole 85 secondes, avec une section de 1,85x1, et se contenterait de moins avec une hélice plus petite ou de pas plus faible. André Méritte fait des malheurs avec son Poullain JP30 motorisé avec du 1,5x1... mais sa charge alaire n'est que de2,5g/dm²!
Il faut donc recouper le caoutchouc!
J'ai commencé par tracer au feutre et à la règle métallique, et à couper aux très bons ciseaux mon caoutchouc. C'est faisable ! J'ai ensuite utilisé avec quelques déchets l'appareil simple décrit par André Méritte dans un MRA. C'est bien mieux. J'ai sans doute coupé plus de 150 mètres avec. On peut s'en lasser...

Il faut essayer... On peut gagner du temps grâce à l'investissement temps passé par d'autres. Norget, Alves se sont fait de belles machines. Je devrai m'en occuper un jour aussi. Les premières solutions peuvent convenir pour un début... Ne comptez pas trop sur les autres pour vous couper votre gomme : ils ont beaucoup à faire déjà.

Rôdage

Rien ne me désole plus que d'entendre la succession de ruptures d'écheveaux. Ces incidents si l'on en croit les "victimes" (en fait les victimes sont les modèles), disons, les responsables (pour ne pas dire les casseurs), se produisent souvent loin du remontage limite de rupture. Il faut cependant savoir que ce point de rupture peut être atteint en cours de remontage : si l'on oublie de raprocher suffisament. Les remotages "sauvages" à cadence accélérée font mal de même que le frottement de l'élastique sur le cadre avant du fuselage. Avoir le courage de changer l'écheveau plutôt que de lui faire subir des outrages irréparables.
Apprendre à rôder : le plus simple ? par simple étirage... à fond avant rupture, en dehors de la maquette. Accrochage sur une simple poignée de porte avec un recul suffisant : 7 fois, 7 fois 1/2 ? Pour un écheveau de 40 cm, cela fait 2m80 - 3m.

Remontage

Apprendre à remonter et ne pas prétendre du premier coup mettre le nombre N de tours maximum : 1600 voire 1800 tours.
Formule : N = L.K / RAC(S)
L : longueur en mm
K : coefficient dépendant du caoutchouc
S : section du caoutchouc en mm² (les deux brins)
RAC: fonction racine carrée

Pour K on pendra 6 pour commencer. Normalement c'est au moins 7. Personnellement, quelle que soit la qualité de la gomme , je n'ai jamais dépassé 7,6 pour une cacahuète. Trop de prudence ? Peut-être aussi l'horreur de détruire et peut-être mes limites de personnelles pour mes qualités de remonteur.
On commence par étirer l'échveau à cinq fois sa longueur (2m pour 40cm). On peut remonter à cette longueur jusqu'à la moitié du remontage (un peu plus). Ensuite on rapproche très régulièrement. Si l'on rentre trop lentement, on explose ! Si l'on rentre trop vite, on ne mettra pas le nombre de tours escompté : inutile de bourrer les derniers tours avant mise en place du nez; ce bourrage entraîne la formation de noeuds irréguliers : dévider les derniers tours parfois coincés à la broche arrière avant de passer au remontage suivant ( c'est encore une autre cause de rupture "en toute bonne fois").

Pour mesurer avec précision la section de gomme on peut enrouler le caoutchouc à bord jointif (sans l'étirer) sur une régle ou un crayon : en mesurant 10,20, 25 spires on améliore la précision de la mesure.

Derniers conseils

Le centrage en ordre de vol se trouvera souvent devant les 30% de la profondeur d'aile... même 20% pour un modèle à aile basse. On arrivera parfois à soulever l'arrière du stabilisateur pour donner une différence allant jusqu'à 5° avec l'aile (surtout si les marginaux sont vrillés négativement). Tout doit être fixé très sérieusement. Bien des modélistes jeunes et moins jeunes ne savent pas pourquoi leur modèle ne renouvelle pas le meme vol deux fois de suite - c'est que la position des éléments est trop variable d'un vol à l'autre. Les mauvaises surprises aux vols officiels suivant de beaux vols d''essai ne sont pas un hasard : ils relèvent d'une stabilité hasardeuse de l'assemblage, y compris le pas des pales d'hélice.

Conclusion

Voilà quelques résultats d'expériences, d'essais, plus de soixante croquis. Pour ceux qui, abandonnant le vol libre d'intérieur, veulent aborder la maquette 66, bien se souvenir que toutes les solutions sont transposables en doublant les sections et les couches d'enduit. Prendre aussi un bois un peu plus fort et multiplier les renforts - les mottes de terre font parfois des ravages - d'autant que les panneaux de papier ont une surface quatre fois plus grande. Une sage précaution pour le POTTIER 100 serait le double entoilage du dessous du fuselage ! Pas de collision à redouter avec les murs ni le plafond... voler à ciel ouvert à la belle saison !!! Mais attention, à moins de vouloir battre le record, prévoir un déthermaliseur..

Ajouté le 20/11/2008 - Auteur: Jacques Delcroix - Catgégorie: F4F